
Le bateau a passé la nuit ancré à une rive de la Mayenne ; cette image du petit matin est une précieuse récompense pour le courageux qui a voulu contempler le retour du jour.
Il est six heures moins le quart, le soleil se lève ; quelques oiseaux s’ébrouent, une loutre traverse la rivière en silence. Les teintes de la nature sont voilées par la brume légère qui annonce la naissance d’une belle journée. Les plans successifs se détachent avec précision, dans ce sfumato qui crée la distance et le volume – on croirait voir le fond d’un tableau de Léonard.
Le foin doré, richesse d’hiver, est jeté en rouleaux sur la verte prairie ; on dirait des osselets qu’en enfant géant, surpris par la nuit, a laissés là hier soir. Tout respire le calme, la paix, la vie simple. Ce paysage échappe au temps ; il vit au rythme de l’eau qui coule et des travaux anciens dans le cycle des saisons.








