
Si la Grèce est une des racines de notre culture, l’Acropole est la mémoire de la Grèce ; et sur l’Acropole un des temples les plus admirés, c’est l’Érechtheion.
On reconnaît son élégance, on apprécie sa mesure face au Parthénon, qu’il accompagne sans que l’un porte ombrage à l’autre. Mais c’est par le portique des korés qu’il a surtout frappé les esprits.
Ce portique est supporté par six jeunes femmes, elles aussi élégantes et sereines – les Caryatides. Le sculpteur – ou l’architecte, ou les deux – a travaillé ces six statues avec une finesse caractéristique de l’art grec. Les commentateurs les plus savants ont exposé ce qu’il convient d’observer dans les drapés, les attitudes – déhanchement, fléchissement symétrique des genoux – ; et l’habileté technique de leurs tresses, qui leur permettent de porter une lourde charge sans que l’artiste ait dû leur épaissir le cou.
Mais pour nous, visiteurs d’un instant qui nous contentons d’admirer sans trop savoir, ce portique est simplement émouvant. A côté de l’immense Parthénon proche des Dieux, nous sommes devant ces six jeunes femmes comme devant des amies terrestres, attentives et dévouées, qui nous donnent en silence une leçon domestique. Elles nous disent que le travail est un accomplissement et qu’il peut rendre beau ; elles annoncent Marthe.








