Jugendstil.

Wien, 14 avril 2008.

Le centre de Vienne donne parfois l’impression que l’on n’a pas quitté l’époque impériale ; certains viennois sans doute souhaitent vivre dans ce souvenir qui les ramène aux splendeurs de l’Empire. Cela se note dans les immeubles altiers du centre de la ville, les façades d’institutions, les palais, la mairie, les musées, les jardins qui forment une ceinture jusqu’au Danube ; ainsi que dans la toponymie : Marie-Thérèse, François-Joseph, Radetzsky… et aussi lorsqu’on rencontre la statue de Sissi environnée de fleurs dans le plus beau jardin de la ville.

Mais Vienne a eu aussi son mouvement Art nouveau, léger comme une valse, nommé souvent localement le style Sécession, parfois style Jeunesse. Le bâtiment-manifeste de cette école c’est, au cœur de la ville, le splendide petit palais de la Sécession qui abrite une immense fresque de Klimt.

Ce lundi nous sommes devant la station Karlsplatz, de métal vert et doré. C’est une belle journée de printemps, chaude et claire. Des touristes rôdent autour du petit bâtiment, cherchant un angle de prise de vue ; on a l’impression que des membres d’une secte se sont donné rendez-vous là, qu’ils affectent de ne pas se connaître, que tout-à-l’heure sur un mot d’ordre connu d’eux seuls ils vont passer à l’acte ; on guette, on s’inquiète.

Les membres de cette secte aiment les courbes, les fleurs, les branches, les irrégularités de la vie. Ils détestent les lignes droites et la production industrielle. C’est pourtant pour le métro qu’Otto Wagner a construit en 1900 ce joli pavillon qui fait le gros dos …

Gettysburg.

Gettysburg, juillet 1978

Gettysburg a été un des lieux d’engagement féroce entre les forces de l’Union et celles des Confédérés lors de la guerre de Sécession : 10 000 morts, 25 000 blessés pendant cette bataille de trois jours en juillet 1863 qui se termina dans les rues de Gettysburg et ne fit qu’un seul mort civil : Ginnie Wade, une fille de vingt ans tuée dans sa cuisine pendant qu’elle faisait du pain…

La défaite de Lee fut le tournant de la guerre civile ; les confédérés ne purent ensuite que mener des batailles défensives de plus en plus difficiles. La confrontation entre – pour faire simple – les colons agricoles et les entrepreneurs industriels se conclut donc par la victoire de ces derniers, après quatre ans de guerre et plus de 600 000 morts.

Près du Cimetière National un entrepreneur avisé construisit en 1974 une tour de cent mètres de haut qui permettait de comprendre les phases de la bataille grâce à des documents et une vision complète du terrain ; c’est de cette construction qu’est prise la photo ci-dessus. Considérée comme une offense au cadre historique de cette bataille, elle fut détruite en juillet 2000.