Au Blue Note.

New York, avril 1988.

C’est la boîte de jazz la plus réputée de New York, et peut-être du monde. Il faut faire la queue pour être admis à y prendre une consommation coûteuse dans des conditions de confort détestables.

Mais quelles affiches ! On ne serait pas surpris que les jazzmen qui y assurent une session paient pour y exercer leur talent ; passer au Blue Note, comme au Village Vanguard ou au défunt Paper Moon, c’est une forme de la consécration.

Aujourd’hui, c’est Illinois Jacquet qui tient le saxophone ténor au sein de son big band créé en 1983 sur l’insistance des étudiants de Harvard, où il était artiste résident. Il a joué avec Lionel Hampton, Cab Calloway, Lester Young, Count Basie. En 1988 il avait 66 ans ; il avait encore 16 ans à vivre. Né en Louisiane, il tenait beaucoup à ce qu’on prononce son nom à la française, Jaquè.

Le son d’Illinois et de son ensemble c’est celui du jazz qu’on aime, avec son rythme et sa joie, le jazz que nous ont offert les GI de 1944 en nous apportant la liberté. l

A l’entrée de Plaka.

Athènes, mai 1994


Plaka est le plus ancien quartier d’Athènes, au pied de l’Acropole ; c’est un labyrinthe largement piétonnier de ruelles et de jardins que se disputent marchands de souvenirs, restaurants typiques, orfèvres de petit aloi. On s’y perd avec plaisir, car au détour de toutes les sentes on lève la tête et la silhouette tutélaire du Parthénon nous remet dans le droit chemin.

Sur cette photo la rue est encore large, il y a un trottoir et une voiture ; on n’est donc encore qu’à la lisière du vieux quartier.

A chaque pas on rencontre des marchands grecs qui attendent la pratique en jouant au jacquet ; des spectateurs attentifs analysent la chance et la tactique de chaque joueur. Les pions claquent sur le tableau, les dés roulent, on s’exclame et on invoque les divinités de l’Olympe, tout près d’ici.