
Le Victory est entretenu avec vénération par la Marine britannique dans le port de Portsmouth ; au point même qu’on prétend qu’il n’est plus le Victory de la bataille de Trafalgar : on l’entretient avec tant de soin que depuis cette date on en aurait changé, un à un, tous les éléments…
Le 21 octobre 1805 marqua le triomphe définitif de la Royal Navy sur la flotte française, et son règne pour le siècle à venir sur toutes les mers du monde. Rule Britania. Mais ce jour fut aussi celui du deuil de la nation, puisque le vice-amiral Horatio Nelson y perdit la vie ; il revint à Londres dans un tonneau d’eau-de-vie et de camphre pour reposer à Saint-Paul.
Il y avait à bord 820 marins et 104 canons, dont deux caronades dévastatrices pour les combats bord à bord. Les marins de l’époque ne savaient pas nager, dormaient sur leur canon, mangeaient des nourritures abjectes. Installés sur les ponts supérieurs, les officiers ne les rencontraient pas et buvaient des vins délicats.
Le Victory aujourd’hui n’est pas qu’un musée. Pour le garder vivant, il reçoit un équipage de la Marine Nationale, et reste commandé par des officiers en activité.
Le bateau est splendide et son entretien impeccable ; il est offert quotidiennement au respect des adultes et des écoliers. On ne leur souligne pas cependant que ce navire, symbole de la grandeur de l’Angleterre et de l’abaissement de la France, présente à sa proue les deux devises essentielles de la monarchie, et donc du pays : Dieu et mon droit, et Honi soit qui mal y pense, rédigées… en français.








