Elle est comme ça…

Pise, 26 avril 2010.


On le sait bien, qu’elle penche ; pourtant l’impression est saisissante lorsqu’on la trouve devant soi sur le campo santo de Pise.

Une tiare plus petite somme la sextuple couronne de colonnes en marbre de Carrare édifiées les unes au-dessus des autres ; après beaucoup d’études fantaisistes et de plans extravagants quelques ingénieurs sérieux ont arrêté la chute lente mais inexorable qui menait la Tour à sa ruine. Pendant une dizaine d’années nul ne put la visiter, mais désormais elle est resplendissante, candide, hospitalière. Lors de son ascension on est frappé par des moments de vertige – rien dans notre vie verticale ne nous prépare à la vague de ces murs et ces sols.

Au vrai la Tour, qui n’est que le campanile de la superbe cathédrale proche, à l’opposé du baptistère, écarte de ces deux admirables bâtiments l’attention de tous, comme une fille effrontée éclipse le mérite de ses sœurs par l’éclat de ses charmes. Elle a huit cents ans maintenant ; c’est un bel âge pour les constructions de notre vieux continent. Poussée par une sorte d’héliotropisme méditerranéen elle s’incline vers le sud – aurait-on crié au miracle si elle s’était inclinée dans la direction de Bethléem ! Il faut donc la contempler de l’ouest pour profiter à plein de son inclinaison, comme tous ceux qui se font photographier dans le geste d’arrêter sa chute.

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