Le vieux Nice.

Nice, 18 mars 2007.

On est bien ici dans le vieux Nice, avec ses cascades de fleurs, ses encadrements de fenêtres peints, ses volets piémontais, son linge aux fenêtres, ses délicats camaïeux de jaune, d’ocre et de carmin.

Le Vieux Nice possède tout le charme des villes méditerranéennes ; on y aime le pittoresque mélange des fleurs, des couleurs, des cris et des appels, des métiers qu’on exerce dehors ; et ce charme particulier des cités du Sud, où les rues resserrées forcent l’air à circuler en même temps qu’elles créent à toute heure l’ombre nécessaire.

Mais pour autant la partie ancienne de Nice ne ressemble pas à celles de Marseille, de Naples, de Barcelone ou d’Athènes. Moins cosmopolite que Marseille, et pourtant française elle aussi ; moins chargée de touristes qu’Athènes, et pourtant grecque elle aussi ; moins populeuse que Naples et pourtant animée elle aussi ; moins industrieuse que Barcelone et pourtant métropole elle aussi, Nice se distingue par sa sérénité et, rareté méditerranéenne, par sa réserve. Ici pas de faconde, pas d’excès, pas d’éclat. Cette grecque française est aussi un peu anglaise.

Baous, soleil levant

Les Baous, pays niçois

Il est tôt. Le soleil se lève là-bas, vers l’Italie, et le ciel prend les couleurs de l’aurore aux doigts de rose. Une grande flambée couvre les sommets de Nice, les baous à peine éveillés s’imprègnent d’une teinte délicate ; une fumée s’élève à Saint Jeannet – on y brûle quelques branchages sans doute. Tout près de cette fumée, mais très loin, on distingue les sommets blancs du Mercantour que l’hiver a couverts de neige.

Au pays niçois la Nature reste verte en hiver ; on ne connaît pas le décharnement que la froidure impose dans les pays du Nord. A celui qui ne sait quand cette image a été faite l’idée pourrait venir d’un paysage de printemps.