
A travers une échancrure dans l’olivette on aperçoit la colline sur laquelle s’est établi le village de Cagnes, bien avant qu’un préfet bougon le somme de prendre le nom de Cagnes-sur-Mer afin qu’on ne le confonde pas avec Cannes ; les deux noms voulant simplement dire que l’endroit est peuplé de roseaux.
Sous le soleil de midi la forteresse des Grimaldi a fière allure ; pourtant, à part des escarmouches dues à l’exécrable caractère des nobliaux de l’époque, elle n’a connu depuis sa construction vers 1300 aucun fait d’armes notable. Elle a commencé en résidence et fini en musée.
La colline est souple, avec ses toits de tuiles nichés dans la toison des arbres ; bien que quatre ou cinq cyprès tentent de donner un air toscan au paysage, on y sent surtout de l’alangui, de la caresse, de la douceur.
D’ailleurs ce paysage a beaucoup à voir avec les femmes. D’abord, la photo est prise depuis l’oliveraie des Collettes, résidence de Renoir – le peintre préféré des français – dont les œuvres sont un hommage constant au savoureux corps des femmes. Et le château héberge de nombreux portraits de Suzy Solidor, qui vivait à Cagnes et dont l’affection, qui ne négligeait pas les hommes, se portait plutôt vers les femmes. Tamara de Lempicka a fait d’elle un merveilleux portrait presque nu Art déco, doux et fort.
Entre les fleurs, les oranges, les olives, le doux paysage nous invite à penser féminin.





