
Réellement, un château ? Vous êtes sûrs ? Pas une construction réalisée par les studios Disney ? Ces mâchicoulis suspects, ces tours remarquablement cylindriques, ces toitures en poivrière…
Eh bien non, Gallerande n’est pas un château Potemkine. Il date du XIème siècle.
Cette forteresse est restée dans la même famille pendant cinq cents ans (avec une éclipse d’une demi-douzaine d’années, où il fut abandonné aux anglais), jusqu’à la Révolution ; après l’Empire il est resté dans la famille de Sarcé pendant cent cinquante ans, jusqu’à nos jours, jusqu’à la mort de la comtesse Anne de Ruillé.
Etonnante personne, cette comtesse. Passionnée de tauromachie, elle quittait souvent son château de village pour une plaza de toros espagnole ou mexicaine, puis revenait à ses affaires. Au titre de ses affaires une place éminente était faite à l’ordre de Malte, dont la comtesse était membre et à qui, à sa mort, elle légua le château.
Mais voici qu’à sa mort on trouva, entre son lit et la cloison, dissimulé aux yeux de tous, un tableau de Georges de La Tour, Saint Thomas à la pique, pour lequel une souscription fut lancée par le musée du Louvre qui rapporta 32 millions de francs. Le château fut ensuite vendu par l’Ordre à un riche américain.
On ne le visite pas ; pas plus aujourd’hui que sous la comtesse, et pas plus sans doute que pendant la guerre de Cent ans.




