Les rapides de Lachine.

Montréal, août 1984.

A cause de la grande largeur du Saint Laurent à Lachine on ne perçoit pas la rapidité et la brutalité des remous qui secouent le fleuve à cet endroit ; il n’en va pas de même pour les sportifs qui descendent les rapides en canot, surveillés de loin par un sauveteur sur son embarcation surpuissante.

Lachine, c’est la campagne à l’ouest de Montréal, de vastes prairies dans la ville. Les citadins y viennent aux beaux jours pique-niquer et jouer à des jeux de plein air. Samuel de Champlain y perdit un ami ; il nomma ces dangereux courants, qui constituèrent longtemps un obstacle à la navigation, Sault Saint Louis – un sault, dans la langue de l’époque, c’est un rapide. Le niveau du fleuve descend de quatorze mètres en quelques centaines de mètres.

L’eau sombre gronde, les rafteurs crient, des oiseaux chantent. Il fait bon somnoler dans l’herbe en laissant le vent passer au-dessus de soi et en regardant les oiseaux planer dans le ciel – toutes les îles de l’arrière-plan sont une réserve ornithologique. A Montréal la belle saison est belle.