
Et voici le temps des Jeux Olympiques du Pigeonnier, vaste confrontation sportive attendue toute l’année par les participants, qui se déroulent sur la plage éponyme de Royan pendant une bonne partie du mois de juillet.
Les athlètes sont répartis en groupes selon leur âge ; le sexe n’est pas pris en compte, car le dimorphisme n’a pas encore fait son œuvre. Le grand organisateur, omniprésent, unanimement respecté, tranche, félicite et console. Du haut d’un plongeoir, une casquette pédagogique (pour montrer qu’il faut sortir couvert par ces temps de soleil) en tête, Ernest Léty ouvre la compétition avec une solennité virile que toute la plage applaudit avec enthousiasme.
Les épreuves se déroulent chaque jour, avec les éliminatoires qu’il faut et les finales à grand bruit. Les mères surveillent les ennemis, probablement fraudeurs, de leurs enfants ; les réclamations ne sont pas rares. Les pères photographient avec un air détaché, mais n’en pensent pas moins. Les familles et les amis encouragent, les perdants pleurent, les gagnants paradent avec une pointe d’orgueil retenu.
Voici que Stéphane a posé le pied sur le fil, et manque une hauteur qui était à sa portée. Il a encore deux essais, il réussira. Sinon, pas de dessert ce soir.