Tolède

Tolède, août 1981

En cette fin de journée le soleil va se coucher sur Tolède étagée dans une boucle du Tage. De ce côté ce n’est pas la cathédrale, édifice majeur de la chrétienne capitale wisigothique, qui veille sur la ville ; c’est l’Alcazar reconstruit à neuf par les franquistes, hommage rendu à la résistance acharnée et finalement victorieuse des nationalistes face aux troupes républicaines.

La ville est elle-même un symbole de la vie ensemble des trois religions monothéistes : juifs, chrétiens et musulmans y cohabitaient en paix et en respect au temps d’Al-Andalus ; il y a à Tolède des églises, des synagogues, une mosquée. Juste avant la Reconquête cet équilibre avait débouché sur la création ici d’une florissante école de traduction.

Le Tage fait un cercle presque complet autour de la ville, la protégeant mais limitant aussi son extension. L’escarpement du terrain a rendu l’habitat désordonné ; la place centrale de Zocodover est un espace aéré d’où descendent les ruelles tortueuses, et celles-ci sont assombries par leur étroitesse et la hauteur nécessaire des bâtiments.

La photo ne rend pas compte de la couleur du Tage, chargé en oxyde de fer, qui entoure la ville d’un ruban de sang ; c’est à peine si on distingue, sur la droite, le pont ancien d’Alcantara. Grâce à cette eau ferrugineuse on trempe des aciers redoutables qui ont forgé la réputation des armes de Tolède.

Contraste étonnant dans cette ville sombre, on va admirer à l’église Santo Tomé L’enterrement du comte d’Orgaz aux couleurs éclatantes et minérales.

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