Jugendstil.

Wien, 14 avril 2008.

Le centre de Vienne donne parfois l’impression que l’on n’a pas quitté l’époque impériale ; certains viennois sans doute souhaitent vivre dans ce souvenir qui les ramène aux splendeurs de l’Empire. Cela se note dans les immeubles altiers du centre de la ville, les façades d’institutions, les palais, la mairie, les musées, les jardins qui forment une ceinture jusqu’au Danube ; ainsi que dans la toponymie : Marie-Thérèse, François-Joseph, Radetzsky… et aussi lorsqu’on rencontre la statue de Sissi environnée de fleurs dans le plus beau jardin de la ville.

Mais Vienne a eu aussi son mouvement Art nouveau, léger comme une valse, nommé souvent localement le style Sécession, parfois style Jeunesse. Le bâtiment-manifeste de cette école c’est, au cœur de la ville, le splendide petit palais de la Sécession qui abrite une immense fresque de Klimt.

Ce lundi nous sommes devant la station Karlsplatz, de métal vert et doré. C’est une belle journée de printemps, chaude et claire. Des touristes rôdent autour du petit bâtiment, cherchant un angle de prise de vue ; on a l’impression que des membres d’une secte se sont donné rendez-vous là, qu’ils affectent de ne pas se connaître, que tout-à-l’heure sur un mot d’ordre connu d’eux seuls ils vont passer à l’acte ; on guette, on s’inquiète.

Les membres de cette secte aiment les courbes, les fleurs, les branches, les irrégularités de la vie. Ils détestent les lignes droites et la production industrielle. C’est pourtant pour le métro qu’Otto Wagner a construit en 1900 ce joli pavillon qui fait le gros dos …

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