
Au cours des âges on a imaginé bien des façons de traverser la Manche ; il fut peut-être même un temps où il fut possible à l’homme de la traverser à pied quand elle était prise par les glaces.
A part les évidentes traversées en bateau nous n’oublions pas cette belle journée ensoleillée de juillet 1909 où Louis Blériot franchit le Channel sur un avion de sa fabrication ; nous avons vécu cette autre journée de 1994 où un tunnel réunit les deux pays.
Aujourd’hui, nous montons avec la voiture à bord du hovercraft, qui pour la circonstance a pris le nom de la compagnie Hoverspeed. Cette large plateforme posée sur de gros boudins de caoutchouc flotte sur le sol et sur l’eau ; quand arrive le moment du départ des compresseurs injectent de l’air sous le véhicule qui se soulève de quelques dizaines de centimètres, les hélices aériennes accélèrent, le hovercraft descend sur l’eau, prend de la vitesse et sort du port. Il efface les vagues à conditions qu’elles ne soient pas trop fortes, et en trente ou quarante minutes il vient s’échouer de l’autre côté de la Manche sur une surface de ciment qui lui sert de piste d’atterrissage. Alors le rythme des moteurs baisse, le véhicule s’affaisse, on peut sortir.
Le hovercraft n’est pas très confortable ; il est bruyant, on est attaché sur son siège comme en voiture ; mais il est rapide et son « appontement » est immédiat. On ne sait quel mot employer pour le désigner ; les règlements internationaux restent dans une grande perplexité. Ce n’est pas un avion, mais il survole l’eau ; ce n’est pas un bateau, mais il flotte s’il le faut ; ce n’est pas une automobile, mais il se déplace avec agilité sur la terre ferme. On lui a même inventé le nom de navion, terme qui a été ensuite offert à un autre véhicule lui aussi à « effet de sol »…