
Un chat calme traverse la place principale à pas comptés ; on la dit principale, mais en fait à Chilham il n’y a qu’une place.
Ce très petit village proche de Canterbury se tient avec prudence à l’écart des routes fréquentées. On y voit des merveilles sans nombre – un antiquaire qui vend des meubles d’acajou mais aussi des collections d’œufs d’oiseaux des bois ; un paon en liberté qui arpente les rues en vous toisant avec suffisance ; une église anglicane où l’on vous sert en souriant le thé et des scones dans le cimetière.
Chilham est un village Tudor aux colombages kentish où l’on revient sans cesse. Il est probable qu’il s’agit bien d’un village réel, avec des habitants qui s’y sont installés pour y vivre ; pourtant on garde, en partant, l’impression que l’on a traversé quelques instants une scène de théâtre, avec décors et acteurs, avant de rejoindre les lieux ordinaires de la vraie vie.