Beaune.

Beaune, juillet 1997.


Le magnifique bâtiment voulu par le chancelier Rolin a été construit peu avant la découverte de l’Amérique, au temps des incunables. Initiative au profit des malades pauvres, l’hôtel-Dieu accueillait quelques dizaines d’indigents dans une immense salle où ils partageaient à deux un lit qui nous semble petit ; beaucoup pourtant n’étaient pas accoutumés à un tel luxe.

Beaune est en Bourgogne, et à l’époque c’était aussi la Flandre ; c’est la raison des tuiles vernissées dont le dessin est si typique. A l’étage une fine galerie en dentelle de bois dessert les locaux des soignants et de l’administration. Si l’hôtel-Dieu tire ses revenus du vin, le puits gothique au fond de la cour nous rappelle néanmoins que le liquide vital, c’est l’eau.

L’élégance des colonnes, la gaieté des hautes toitures colorées, la hauteur des lucarnes donnent une impression un peu irréelle, comme si on était entré dans un conte de fées. La teinte générale chaude – boiseries, pavage, toiture – renforce le sentiment de confort et de sécurité que procure déjà l’intimité de la cour, sorte de cloître laïc.

Il y a bien des merveilles dans l’hôtel-Dieu – chapelle, cuisine, apothicairerie, et d’abord le Jugement dernier de Rogier van der Weyden. Mais la grande merveille, c’est l’hôtel-Dieu lui-même.

Laisser un commentaire