
Nous étions une trentaine de visiteurs sur le bateau qui nous emmenait aux îles du Rosaire ; tous sud-américains, sauf un. Le temps était superbe, comme toujours à Carthagène des Indes. A peine étions-nous partis qu’un guitariste avait saisi son instrument et qu’une dizaine de jeunes s’étaient mis à danser. Ils ont dansé jusqu’au soir. Il y a avait des garçons en T-shirts, et des filles en short dont la peau brune sentait la cannelle.
Il y avait aussi un dessinateur qui faisait le tour des sites de la planète que l’UNESCO a classés, pour les peindre et les dessiner. C’était un Équatorien, il était parti depuis deux ans avec sa femme. Il y avait aussi deux nonnes au teint de brique, qui regardaient cette jeunesse avec bienveillance.
Sur la plage d’une des îles, sous des cocotiers, elles se sont installées à un bureau d’écolier pour pique-niquer. Autour d’elles les baigneuses étaient presque nues, il faisait trente degrés, elles restaient stoïques dans leurs tenues immaculées.
Au loin dans des ilots de cette petite mer paradisiaque les trafiquants se sont construit des forteresses qu’il ne faut pas approcher. On passe au large, on se sait observé.
