Fleurs du Var

Chez Stéphane, à Rians

De la terrasse de Stéphane le village provençal de Rians présente une image plus provençale qu’il n’est possible.

Au premier plan quelques rosiers limitent son terrain ; puis, après une assez verte prairie, un champ entièrement couvert de coquelicots chante au soleil ; il est rare aujourd’hui de voir d’aussi belles étendues de cette fleur pourchassée par tous les moyens de la chimie, malgré l’hommage de Monet. Ensuite une armée de ceps chevelus prépare, puisque nous sommes encore dans le Var, le rosé de Provence dont notre Midi a tellement besoin – pour les repas à l’ombre des mûriers, pour accueillir les amis de passage, pour les parties de boules sous les platanes. A l’extrémité du terrain quelques restanques accueillent des oliviers tourmentés, frugaux et généreux.

Dans le fond enfin le village rassemble ses toits de tuiles autour de la grande église, berger de cette foule alanguie. C’est une église provençale : elle n’a pas de transept, son toit est couvert de tuiles, et tout à côté le campanile porte une structure de fer forgé où la cloche peut sonner en plein vent. Les cloches de Provence parlent haut, parlent clair, sans cette retenue frileuse des églises du Nord où on les cache derrière des abat-sons qui étouffent leur voix.

En l’absence de mistral il n’est pas d’endroit plus reposant, qui invite à la rêverie et à la réflexion. Et quand le mistral souffle… eh ! bien, il suffit d’attendre qu’il ne souffle plus.