A l’entrée de l’Opéra où fut créé en 1787 le Don Juan de Mozart, un bronze stupéfiant d’Anna Chromy représente le Commandeur assassiné par le libertin qui séduisit sa fille. Image terrible du désespoir et du néant, la sculpture est une préfiguration du gouffre où disparaîtra le burlador de Sevilla, où un jour nous disparaîtrons tous.
Au
sud de Prague la petite cité de Telč,
de plus en plus visitée, reste néanmoins encore un peu à l’écart du
tourisme de masse.
Sa
place centrale rassemble les pignons sur arcades des maisons qui la
bordent ; leurs couleurs pastel, disparates et harmonieuses, créent une
unité baroque étrange – est-on en Flandre ? en Bavière ? en Espagne
peut-être ? La grande place dallée est calme, les enfants jouent au
soleil, les voûtes sous lesquelles se sont installés les commerces protègent
les passants comme à Turin ou à Cuneo.
Il y a un château aussi à Telč, et des jardins. Mais il faut prendre d’abord le temps de visiter les maisons ouvertes, d’admirer les sgraffites en trompe-l’œil, de rester à la terrasse de l’hôtel Cerny Orel pour voir défiler les acteurs sur cette scène de théâtre.