Sur la Sarthe.

19 juillet 2007

L’air est serein, la péniche tranquille glisse. Le ciel est pur, l’eau à peine plissée. Sous le soleil doux la vie est calme.

Le moteur tourne au ralenti ; on n’avance pas beaucoup plus vite que le flot. De temps à autre on entend le cri vif d’une poule qui met en garde ses petits, ou l’envol ouaté d’un canard qui décolle lourdement. On a tout son temps pour lire et penser.

Il est dix heures. Très tôt le matin, quand les brumes se déchirent à peine dans les premiers rayons du soleil, on voit une loutre traverser la rivière ; plus tard les cygnes effrontés viennent observer le gros bateau en espérant peut-être en voir tomber quelque friandise. Á cette époque de l’année les oiseaux ont leurs poussins – petites boules de plumes agitées et piaillantes pour les canards, frères cygnes encore gris mais déjà majestueux. Dans le silence on constate que la vie est partout, sur les rives et dans les eaux, jeune et renaissante, impétueuse sous les grands arbres dont les ombrages s’inclinent dans le courant.

Les trois femmes lisent ou rêvent ; près d’elles le drapeau français flotte à peine. Tout est calme. La vie est douce.