
Mais si, il est prononçable le nom de cette ville de Croatie installée sur une presque île (puisqu’un pont y a été construit) près de la Vénétie italienne ; il suffit de donner au r sa fonction de semi-voyelle comme dans la plupart des langues du monde.
A un mille de la côte, Krk était une assez grande île pauvre dominée par un château brutal ; on y parlait encore le dalmate jusqu’en 1898, date à laquelle s’est éteint le dernier locuteur de cette langue romane. Il y a des marchés de légumes et de fruits, des plages qu’on n’a pas encore aménagées, un urbanisme où se juxtaposent les humbles maisons traditionnelles et de déplorables constructions économiques. Il y a aussi une église à bulbe au centre du vieux village, près du port où dansent les petits bateaux multicolores.
On trouve à Krk pourtant un goût de vivre simple et un artisanat traditionnel qui n’est pas sans qualité. Ainsi en est-il de ces vêtements de dentelles proposées aux touristes sur une fontaine qui arbore encore l’étoile rouge – krasnaïa zvezda – de la Yougoslavie disparue.
Plus loin des échoppes proposent d’acheter de l’or. Zlata, un mot slave qu’on retrouve dans tous les pays de l’Est… Mais écrit en caractères romains, parce que nous sommes en Croatie.