
Les chutes sont à la frontière de trois nations, – Argentine, Brésil, Paraguay. On dit qu’elles sont 365, une par jour de l’année. Leur débit n’est pas très important, elles donnent parfois l’impression de draperies d’eau, de dentelles légères disposées sur une grande largeur. Elles sont insérées dans l’écrin d’un vaste parc où l’on rencontre de pacifiques tatous et des perroquets multicolores ; les orchidées abondent dans cette atmosphère humide et chaude qui leur convient si bien.
L’endroit est cosmopolite, calme et mystérieux. On y parle beaucoup de langues, et d’abord les trois langues du pays : espagnol, portugais, guarani ; l’immense forêt sud-américaine y règne encore, avec sa vie omniprésente, ses bruits légers dans le craquement des arbres ; on pourrait voir déboucher d’une clairière l’expédition exténuée d’un Aguirre agonisant. Le site est empreint d’une force tellurique lente et irrésistible.