Benidorm.

Benidorm, août 1981.

En août sur la Costa Blanca le soleil brille sans répit, le sable est brûlant, la mer est tiède. De Denia à Alicante les saxons trouvent, entre palmiers et amandiers, les restaurants et les boîtes de nuit dont ils rêvent tout le reste de l’année.

Sur ces terres pelées dont les espagnols – ou peut-être ici faut-il dire les valenciens – ne pensaient pas pouvoir tirer grand-chose s’est déchaînée une folie bâtisseuse dont cette photo ne donne qu’une première image. Autour de petits ports pittoresques à la population modeste se sont construites d’immenses urbanizaciones où l’on stocke, au plus près de la mer, allemands, danois, néerlandais et où se multiplient les lieux de plaisir les plus vulgaires. Le littoral est accablé de touristes à la peau brûlée ; à deux kilomètres à l’intérieur des terres rien de tout cela n’est perceptible – les chartreuses et les villages blancs n’intéressent personne.

L’Espagne a vendu son littoral à la spéculation immobilière. Elle le paiera longtemps, aussi longtemps peut-être qu’aura duré en Castille le désert créé par les puissants de la Mesta.

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