
Du Sacromonte où dansent les gitans on voit le soleil se coucher sur les remparts de l’Alhambra, et rosir les sommets neigeux de la Sierra Morena si l’on n’est pas encore au temps de la canicule.
Les murailles de l’Alhambra sont tombées l’année même où l’Espagne découvrit l’Amérique ; et ceci nous vint de cela. Le Maure soupire en reprenant le chemin du désert après sept siècles passés en Espagne, où il avait apporté les jardins d’orangers et les bains parfumés.
L’Alhambra est un palais sans portes où l’eau murmure dans les salles de stuc ; depuis les fenêtres géminées on voit les maisons blanches descendre la colline jusqu’au río Darro. Dans les jardins du Generalife les fleurs de toutes nations exhalent les parfums de l’Orient ; il y a dans l’air comme une musique calme et entêtante, la musique des amours perdues et des exils sans retour.