Les remparts de Carcassonne.

Carcassonne, 10 septembre 2008.

Dans la capitale de l’Aude on a pris l’habitude des contradictions ; mais la plus ancienne, c’est celle qui a longtemps duré entre la Cité haute, lieu du pouvoir, et la Bastide basse, lieu de relégation des travailleurs, des commerçants, des bourgeois enrichis par l’industrie drapière qui se dotèrent d’un sénat. Pendant ce temps la décadence gagnait la Cité, s’y installaient des populations pauvres, et proliféra un habitat désordonné considérant souvent la Cité comme une carrière de pierres.

La contradiction la plus terrible fut peut-être, poussée ici à son paroxysme, la fracture religieuse entre catholiques et cathares – qui prit rapidement un tour féroce -, puis entre catholiques et protestants – qui ne fut pas moins sanglante.

Mais aujourd’hui, les gens de Carcassonne se rassemblent dans l’amour pour la belle enceinte de la Cité, qui lui a fait mériter l’inscription au Patrimoine de l’Humanité. Relevée et complétée par Viollet-le-Duc, la ville doit beaucoup au premier inspecteur général des Monuments Historiques, Prosper Mérimée.

Il fut de bon ton de gloser sur la prétention et l’inculture de Viollet-le-Duc ; en réalité son intervention fut décisive pour la sauvegarde délicate de la fortification (il reconstruisit moins de 15% du monument) et pour le message pédagogique de cette sauvegarde. Le culte des ruines à la Hubert Robert ne sert pas toujours le goût d’un peuple pour son passé.

Merci Viollet-le-Duc.

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