Carrare.

Massa, août 1987.

De la route qui va de Gênes à Pise on voit sur la gauche les collines de Massa et l’on s’étonne. Quoi ? De la neige en cette saison ? Fait-il donc si froid en un lieu si proche de la mer ? A y regarder de plus près on comprend son erreur : au-dessus des éboulis instables où s’accumulent les déchets de carrières, ce sont bien les gisements éclatants de Carrare que l’on voit là – Carrare où Michel-Ange venait choisir les blocs sans défaut où il allait sculpter ses admirables sujets pour Jules II et pour Florence.

Si l’on cède à la curiosité et qu’on monte la route en lacets qui mène aux carrières ouvertes sur le ciel, le regard peut plonger dans leur vertigineuse profondeur ; la coupe dans le marbre blanc est aussi nette que celle d’un gâteau tranché au couteau. C’est que la taille se fait dorénavant par sciage, grâce à des câbles d’acier toronnés transportant du sable et de l’eau, et l’on a oublié les techniques anciennes avec coins de bois ou poudre noire qui gâchaient le précieux matériau.

Le marbre a fait autrefois les péristyles, les temples, les demeures patriciennes ; il a permis ensuite, par la finesse de son grain, les sculptures de la Renaissance ; aujourd’hui il anoblit nos sols et nos salles de bain. Ce calcaire éblouissant s’est mis au service de notre hygiène après avoir célébré la puissance et la gloire.

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